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Bienvenue.

Posté par kearvaig le 27 juillet 2008

 

Derniere semaine a El Chalten. Quasiment deux mois passes ici, on pensait y rester une semaine. C est la fin de 5 mois de voyage, la fin d une petite existence. Le debut d autre chose.

A tres bientot, en France. 

 

Album Picasa du voyage: http://picasaweb.google.com/doudoutraveler/Bolivie?feat=directlink

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El Chalten, ultime destination.

Posté par kearvaig le 3 février 2011

Il est fou ce village. On est a peine arriver que j ai l impression d avoir vecu milles choses. Le bus qu on a pris de Perito Moreno nous a coute des ronds mais ca paraissait necessaire vu l etendu desertique de la pampa qui nous separait d El Chalten. Bref, on est enfin la, au pied de ce massif mythique, de ses murs de granit incroyables, haut lieu de difficultes alpines. En arrivant ici, on avait un objectif en tete, un reve a realiser, le tour du Fitz Roy. C est une boucle autour du massif, une course glaciaire sur une enorme calotte de glace. De puissantes tempetes viennent du pacifique et rendent souvent les lieux cauchemardesques. Rester bloquer sur le hielo par mauvais arrive frequement aux expes, il leur faut dans ce cas passer des journees sous la tente en attendant que le vent se calme.

On est arrivait a El Chalten vers minuit et la nuit a ete difficile: on a ete chasse du terminal par la police, forces a l errance nocturne dans le village et au squatte d une maison en construction. Le lendemain, on passe a la maison des gardes pour connaitre la meteo a venir: il y a une fenetre de 4 jours. On est a peine arriver qu il faut deja preparer le depart. Le soir a 19h, on decolle. 4 jours d autonomie en nourriture.

On est pas passes loin du but, le premier jour, au niveau du col d acces au Hielo Continental, on a pris la tempete de neige, le blizard. Sans GPS on a pas trouve le refuge, c est ce qu on appel le jour blanc, sauf qu en plus de ne rien voir, le vent nous fouettait tellement le visage qu on ne pouvait regarder en face de nous. A un moment le vent durcit encore et une rafale enorme manque de me jeter au sol. Je leve la tete et je vois Edouard qui roule sur la glace, c etait vraiment de la folie ce jour la. Le col est immense et la carte a chier, impossible de trouver le refuge. Je suis proche de l hypothermie avec mes pieds trempes et ce vent incroyable. On se decide a faire demi tour et c est le but.  A la descente, on pete tous les deux nos crampons, quel matos de merde nous avons loue. Apres 3h dans la tourmente, on pose le bivouac au bord d une lagune. Je me glisse dans mon duvet et mange une bonne partie de mon pain. Dans ma tete, je suis deja dans les rues d El Chalten, a marcher la tete baissee. Le lendemain, je suis depite. Les excuses que je me donnais la veille ne fonctionne plus, je suis vraiment decu. Je traine dans mon duvet et le soleil commence a rechauffer la tente. Je sors, il fait grand beau, le vent est quasi absent. Assis sur un rocher, des gens passent devant moi. Ils vont au refuge Marconi, celui que l on cherchait hier. D autres passent encore. Je commence a me dire que l on pourrait reessayer, on a assez de bouffe pour 3 jours. Difficilement, on parvient a se remotiver, a se remonter le moral. On repart, en mode triple chamoix. On repare nos crampons avec des cordelettes et on monte au refuge dans la journee. Il nous reste alors deux jours de bouffe. Le refuge est rempli ce soir la, il y a trois groupes avec des guides. Reveil a 1h30 du mat et depart a 3h (!). On est sur le hielo et tout est glace, a des kilometres. Pas de vent, juste un peu couvert. L ambiance est extraordinaire. Apres 1h de marche, on pete tous les deux nos raquettes, quelle poisse. On en rigole tellement c est con, les raquettes etaient neuves en partant. On les bidouille avec des ficelles, ca passe et on avale les 30kms de glace plane. On marche pendant 18h ce jour la, de 3h du mat a 21h, on appelle ca le mode barbare et ca nous vaudra d etre traites de fous par les gardes du parc. Le lendemain on redescend sur Chalten, bien fatigues.

Les jours suivants sont plus tranquilles. On fait du bloc, on mange, on dort. On profite de la compagnie des filles. La belle vie. Il y a une ambiance vraiment cool ici, buenas ondas comme ils disent. On se sent vraiment bien, les blocs sont a 3 minutes du village, on a decide de rester un mois ici. C est ma derniere destination, l ultime destination.

- Topo du tour du Fitz Roy

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Chiloe-El Chalten: Partie 1

Posté par kearvaig le 19 janvier 2011

Six jours sur la route, reste 700 bornes pour El Chalten, pied du Fitz Roy, mi distance. On marche beaucoup sur les routes, les pistes, 4h par jour peux etre. Avec la pluie, ca ressemble a ce qu on appelle une galere. Pourtant, je me sens bien et heureux, libre. Apres plusieurs journees de stop difficile, une voiture qui passe, qui ne s arrete pas, c est la normalite, l habitude, meme quand pendant 30 minutes, rien n est passe. Etre decu est inconcevable, ce serait trop dur a supporter et on aurait deja pris le bus. Par contre, quand quelqu un s arrete, c est la joie, la liberation. Quant un soir, apres quelques heures de marche et avant que la nuit tombe, on demande a dormir dans une grange, la petite femme nous offre deux lits et une place a cote du poele familial. Humble ferme patagonne, pionniere, au milieu des bois, des montagnes. On se dit alors que l on fait un beau voyage. Parfois dur, mais remplit de petits joyaux qui remplisse le coeur et l esprit de souvenirs eternels.

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Moments d ivresses. Quand, apres deux heures de marche, sous la pluie, un pick up s arrete et que le conducteur vous dit qu il va loin, la ou vous pensiez etre le lendemain soir, c est comme si vous explosiez de joie. C etait le cas. On se fourre a l arriere de pick up, dehors, avec le vent, libres. Le gars avale la piste, vol au dessus des nids de poule, ca bourine, ca deboite. On delire. Pendant 3 heures on se fait rincer, mort de froid. On se met dans un etat second, on gueule des conneries dans le vent, des cris venuent de l enfer. Il est 9h quand on arrive, tremblants. Craquage, auberge, douche brulante, couettes au confort infini.

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Argentine, premiers pas.

Posté par kearvaig le 16 janvier 2011

C est rude ici, le stop est difficile. Mais je voyage bien, comme il faut, dans mon ideal de voyage. Je ne possede rien et je prends la route. Je sens l animal, 1 douche en 1 mois, mes cheveux sont gras et mes pieds, noirs. Pas d entraves materiels ni sociales, l experience du deplacement simple, sans artifices. Je tends mon pouce et qui se sent d humeur a s arreter s arrete. Inch Allah.

Ni espoirs, ni doutes. La pluie s abbat sur nous, deux heures que nous marchons sur le bord de la route. Le Fitz Roy est loin, 1200kms, mais peut etre que le voyage s arrete lorsqu on arrive a destination. Alors, marchons. Ni espoirs, ni doutes. Plenitude de l ame.

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Cochamo, Chiloe, de la pluie, et du soleil.

Posté par kearvaig le 11 janvier 2011

Apres plusieurs semaines de vie sauvage avec Papa Doudou. On renoue avec la societe, on retrouvons Lisa et Eloise, deux amis Chamberiennes. Un peu de stop a 4, on se retrouve a Cochamo, quelques bierres, un bon feu, un bivouac sous les etoiles. On dort peu et le lendemain, premier jour de l annee, en compagnie des taons noirs, fleau local, Normands et Savoyardes debattent sur la suprematie potentielle du Camembert sur tout autres fromages francais. Cochamo ou le retour a la pluie et au temps Ecossais. En 3 jours on passe beaucoup de temps sous la tente, peu sur les sentiers. L endroit m impressionne et  merite une comparasion avec le  mythe: la vallee du Yosemite. L envie de grimper est la mais on se contente d une maigre seance de traction sur une pauvre branche qui finira par craquer sous les assauts repetes de nos muscles puissants (!). On tente quand meme de pecher un peu sous la pluie pour impressionner nos deux admiratrices. Malheureusement, la riviere a raison de nous assez vite, nous force a de l apnee au milieu de la riviere pour decrocher nos lignes, coincees au fond de l eau sous de miserables rochers. Il faut imaginer Edouard en slip le cul en l air au milieu de la riviere, tout ca sous la pluie, on revient sous la tente un peu honteux de ce triste episode. La compagnie des filles nous aide a supporter ces jours pluvieux et c est dans la boue que l on patauge pour revenir a Cochamo, un coup de stop nous ramenant tres vite a puerto Varas.

On s organise vite, le depart pour Chiloe se fait le lendemain. On passe 4 jours sur les cotes sauvages de cette ile, proches de celles des Highlands d Ecosse: plages blanches, eaux turquoises, climat, sauvagerie… L ambiance est fantomatique le premier soir, la brume vient s enrouler sur l epave d un cargo, echoue sur la plage immense. Le soleil s installe ensuite pendant 3 jours, on marcher peu, plus enclin a profiter du coin, c est a dire se lever tard, manger de la puree a l eau de mer, boire de l eau melangee a de la pisse de vache, faire les blattes sur la plage,… tout ca au milieu de rien, une colonie de pinguins pour voisinage.

Le corps qui marche n a pas d histoire, juste un courant de vie immemoriale  F.Gros

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Parque nacional Huerquehue et ivresse de l auto-stop sur les pistes.

Posté par kearvaig le 30 décembre 2010

(…) imaginer le monde come le rendez vous des errants qui vont, sac a dos, de l avant,des clochards celestes qui refusent l obligation de consommer tout ce qui est produit, donc de travailler pour pouvoir consommer, et d acheter toute cette feraille inutile : refrigerateurs, televisions, automobiles, et toutes sortes d ordures inutiles (…) J Kerouac.

On a passe la nuit de noel dans l eau, bain a 38 degres jusqu au leve du jour. Merci a Eloise et Lisa qui nous ont permis de squatter chez leur couple de mapuche. Marta, la maitresse de maison, a l humeur parfois massacrante, nous donne quelques taches a accomplir, en compensation des repas qu elle nous offre. Apres ces 2,3 jours a Melipeuco on reprend la route, toujours le mouvement, l essence du voyage. On marche, on se fait prendre, on marche. Rien n est facile, rien n est donne. On se croit privilegie a voyager si facilement, sans rien preparer sans rien debourser.

Le confort de notre voyage, c est la non organisation, l absence de contrainte d horaire, la liberte. Nul besoin d attendre le bus, de prevoir le jour ou l on part d un endroit. Si l envie nous prend de partir, le sac est toujours pret, on le met sur le dos, on tend le pouce, on change de pays. Il y a quelques jours, en pleine cambrousse, sur la piste, c est la police qui nous prend en stop. On hallucine, ils font un detour de 40m minutes pour nous autres touristes, on rit comme des baleines.

A Villarica, on fait le plein de bouffe: soupes en poudre avec puree en flocons, c est ma trouvaille alimentaire, encore meilleure que la semoule-soupe, et plus light! Je conseille! Avec ca 2 kilos de petits pains, confiture, jus d orange liof, quelques sucreries, voila le menu pour trois jours en foret.

En quelques heures et vers 22h on arrive a l entree du parc. Passons l entree dans la nuit et campons a la belle sur le sentier botanique du parc, sans genes. Le parc est plus sauvage que Conguillo, pas d acces pour vehicule, ca rebute les touristes ventripotants.

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Il y a des bivouacs magiques qui restent en memoire longtemps. On a passe deux nuits au bord des lagunes Angelina et Pehuen, sublimes. Le sentier d acces est peu marque et est souvent protege d une barriere de bambous. Celui qui aime le fouet et la douleur veillera a marcher sur les talons de son compagnon, plaisir garantie. Pour ma part je laisse filer Edouard, glouton du denivelle. Il en mange et il aime ca, quelle brute.

Les heures de contemplation au bord des lagunes, sorties du jurassique, sont p-e mes plus beaux moments de voyage. Ce sont des pures tableaux de nature intacte.

Voyage incroyable de rapidite vers Puerto Mont. Le matin on est au bord d une lagune au milieu du parc, en pleine foret, le soir on est a Puerto Varras. Apres 1h30 de marche, un bain dans le torrentet une autre heure et demi de marche, on arrive a un croisement de pistes. On stop sur le bord de la plus grosse, au milieu de rien. On croit etre fait comme des rats mais non, un 4×4 passe et s arrete 20 minutes apres.  3h de piste a 80km/h, retour innespere a Villarica. Bain, plein de bouffe et marche jusqu a la sortie de la ville, 20 minutes et hop, un couple de chillien. On arrive sur la panamericaine et on se dit que la on est mal, sur l autoroute c est mort, les voitures vont trop vite, alors on essaye  sans conviction la bretelle  d insertion ou circulent 10 voitures a l heure. A peine le temps de se soulager au pied d un arbre qu un camion s arrete et nous emmene a Puerto Varras, 300 kms plus loin, trop facile. Faites du stop.

Pratique:

  • Parc Huerquehue: 3000 pesos l entree. Bivouac possible mais attention aux gardes. Il faut aimer la foret et les lagunes, le parc est superbe mais pas tres grand. Il y a des touristes sur les sentiers proche de l entree mais plus grand monde sur les sentes plus eloignees.

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