(…) imaginer le monde come le rendez vous des errants qui vont, sac a dos, de l avant,des clochards celestes qui refusent l obligation de consommer tout ce qui est produit, donc de travailler pour pouvoir consommer, et d acheter toute cette feraille inutile : refrigerateurs, televisions, automobiles, et toutes sortes d ordures inutiles (…) J Kerouac.
On a passe la nuit de noel dans l eau, bain a 38 degres jusqu au leve du jour. Merci a Eloise et Lisa qui nous ont permis de squatter chez leur couple de mapuche. Marta, la maitresse de maison, a l humeur parfois massacrante, nous donne quelques taches a accomplir, en compensation des repas qu elle nous offre. Apres ces 2,3 jours a Melipeuco on reprend la route, toujours le mouvement, l essence du voyage. On marche, on se fait prendre, on marche. Rien n est facile, rien n est donne. On se croit privilegie a voyager si facilement, sans rien preparer sans rien debourser.
Le confort de notre voyage, c est la non organisation, l absence de contrainte d horaire, la liberte. Nul besoin d attendre le bus, de prevoir le jour ou l on part d un endroit. Si l envie nous prend de partir, le sac est toujours pret, on le met sur le dos, on tend le pouce, on change de pays. Il y a quelques jours, en pleine cambrousse, sur la piste, c est la police qui nous prend en stop. On hallucine, ils font un detour de 40m minutes pour nous autres touristes, on rit comme des baleines.
A Villarica, on fait le plein de bouffe: soupes en poudre avec puree en flocons, c est ma trouvaille alimentaire, encore meilleure que la semoule-soupe, et plus light! Je conseille! Avec ca 2 kilos de petits pains, confiture, jus d orange liof, quelques sucreries, voila le menu pour trois jours en foret.
En quelques heures et vers 22h on arrive a l entree du parc. Passons l entree dans la nuit et campons a la belle sur le sentier botanique du parc, sans genes. Le parc est plus sauvage que Conguillo, pas d acces pour vehicule, ca rebute les touristes ventripotants.

Il y a des bivouacs magiques qui restent en memoire longtemps. On a passe deux nuits au bord des lagunes Angelina et Pehuen, sublimes. Le sentier d acces est peu marque et est souvent protege d une barriere de bambous. Celui qui aime le fouet et la douleur veillera a marcher sur les talons de son compagnon, plaisir garantie. Pour ma part je laisse filer Edouard, glouton du denivelle. Il en mange et il aime ca, quelle brute.
Les heures de contemplation au bord des lagunes, sorties du jurassique, sont p-e mes plus beaux moments de voyage. Ce sont des pures tableaux de nature intacte.
Voyage incroyable de rapidite vers Puerto Mont. Le matin on est au bord d une lagune au milieu du parc, en pleine foret, le soir on est a Puerto Varras. Apres 1h30 de marche, un bain dans le torrentet une autre heure et demi de marche, on arrive a un croisement de pistes. On stop sur le bord de la plus grosse, au milieu de rien. On croit etre fait comme des rats mais non, un 4×4 passe et s arrete 20 minutes apres. 3h de piste a 80km/h, retour innespere a Villarica. Bain, plein de bouffe et marche jusqu a la sortie de la ville, 20 minutes et hop, un couple de chillien. On arrive sur la panamericaine et on se dit que la on est mal, sur l autoroute c est mort, les voitures vont trop vite, alors on essaye sans conviction la bretelle d insertion ou circulent 10 voitures a l heure. A peine le temps de se soulager au pied d un arbre qu un camion s arrete et nous emmene a Puerto Varras, 300 kms plus loin, trop facile. Faites du stop.
Pratique:
- Parc Huerquehue: 3000 pesos l entree. Bivouac possible mais attention aux gardes. Il faut aimer la foret et les lagunes, le parc est superbe mais pas tres grand. Il y a des touristes sur les sentiers proche de l entree mais plus grand monde sur les sentes plus eloignees.